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Médecin libéral : que touchez-vous vraiment en cas d’arrêt de travail ?

Sommaire de l'article

L’arrêt de travail du médecin libéral est le risque le plus sous-estimé de la profession. Un cabinet qui tourne, des charges fixes élevées, des revenus entièrement liés à l’activité : quand le praticien s’arrête, tout s’arrête, sauf les dépenses. Et contrairement à une croyance répandue, les régimes obligatoires ne compensent qu’une fraction de la perte. Voici comment s’articulent CPAM, CARMF et prévoyance individuelle, et ce qu’il faut vérifier dans vos contrats.

 

Arrêt de travail du médecin libéral : ce que verse la CPAM

Depuis la réforme de 2021, les professions libérales bénéficient d’indemnités journalières du régime général pour les 90 premiers jours d’arrêt :

  • après un délai de carence de 3 jours ;
  • à hauteur de 1/730e du revenu annuel moyen, retenu dans la limite de 3 fois le plafond de la Sécurité sociale ;
  • soit une indemnité plafonnée à environ 190 € par jour, quel que soit votre niveau de revenus réel.

Pour un médecin dégageant 150 000 € ou plus par an, ce plafond représente à peine la moitié du revenu quotidien, avant même de parler des charges du cabinet. Les modalités exactes sont détaillées sur ameli.fr.

 

À partir du 91e jour : le relais de la CARMF

Au-delà de trois mois, la CPAM passe la main à la CARMF, qui verse ses propres indemnités journalières, selon un montant forfaitaire modulé par classe de cotisation, puis une pension d’invalidité en cas d’incapacité durable. Trois limites structurelles à connaître :

  • les montants sont forfaitaires, déconnectés de votre revenu réel ;
  • l’invalidité n’est reconnue par la CARMF qu’à des seuils élevés d’incapacité, en général l’impossibilité totale d’exercer la médecine ;
  • rien n’est prévu pour les frais fixes du cabinet : loyer, salaires, crédit-bail, URSSAF continuent de courir.

 

La prévoyance individuelle : la pièce maîtresse du dispositif

C’est elle qui comble les trous laissés par les régimes obligatoires. Une prévoyance individuelle de qualité pour un médecin libéral doit couvrir quatre étages :

  • des indemnités journalières complémentaires qui reconstituent votre revenu réel, avec une franchise courte et coordonnée avec la CPAM ;
  • une garantie frais généraux qui prend en charge les charges fixes du cabinet pendant l’arrêt ;
  • une rente invalidité avec un barème professionnel : l’invalidité doit s’apprécier par rapport à votre spécialité, pas par rapport à n’importe quel métier ;
  • un capital décès et des rentes éducation dimensionnés sur votre situation familiale.

 

Les 5 points à vérifier dans votre contrat actuel

  • Le barème d’invalidité : professionnel, fonctionnel ou croisé ? C’est le critère n°1, celui qui décide du versement le jour du sinistre ;
  • La franchise : 3, 15, 30 ou 90 jours, selon vos réserves de trésorerie, avec un impact direct sur la cotisation ;
  • Le montant assuré : vos revenus ont probablement progressé depuis la souscription, votre garantie a-t-elle suivi ?
  • Les exclusions : affections psychiques et pathologies du dos font l’objet de clauses restrictives dans de nombreux contrats, alors qu’elles représentent une part majeure des arrêts longs ;
  • La garantie frais généraux : souvent absente des contrats anciens, elle est indispensable dès que le cabinet supporte des charges fixes significatives.

 

Pour une vision d’ensemble du mécanisme des indemnités journalières, tous statuts confondus, consultez notre article sur les indemnités journalières en cas d’arrêt de travail.

 

FAQ : l’arrêt de travail du médecin libéral

Combien touche un médecin libéral pendant un arrêt de travail ?

Les 90 premiers jours, la CPAM verse 1/730e du revenu annuel moyen plafonné, soit au maximum environ 190 € par jour, après 3 jours de carence. Au-delà, la CARMF prend le relais avec des montants forfaitaires. Sans prévoyance individuelle, la perte de revenus est donc significative dès le premier mois.

La CARMF couvre-t-elle l’invalidité partielle ?

Très imparfaitement : ses prestations d’invalidité visent surtout l’incapacité totale d’exercer. Un chirurgien qui ne peut plus opérer mais peut encore consulter risque de ne rien percevoir du régime obligatoire : seul un contrat à barème professionnel couvre ce scénario.

Les cotisations de prévoyance sont-elles déductibles ?

Oui, dans le cadre de la loi Madelin, les cotisations de prévoyance du médecin libéral sont déductibles du revenu professionnel dans les limites réglementaires, ce qui réduit fortement leur coût réel.

Quand faut-il revoir son contrat ?

À chaque évolution significative de revenus, d’organisation du cabinet ou de situation familiale, et au minimum tous les deux ou trois ans. Les contrats récents sont souvent mieux-disants que les anciens sur les barèmes et les exclusions.

 

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À propos de Baptiste Demanet

Associé – Courtier en protection sociale & gestion de patrimoine

Fort de plus de 15 ans d’expérience dans les assurances et la gestion patrimoniale, Baptiste accompagne dirigeants, travailleurs non salariés et professions libérales dans la mise en place de stratégies sur mesure en prévoyance, retraite et assurance vie.

Diplômé de l’École Supérieure d’Assurances (ESA), il a exercé chez Aviva (Abeille) et MetLife avant de co-diriger Courtage Partenaire.

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