Un arrêt de travail n’est jamais anodin, en particulier lorsqu’on exerce comme praticien hospitalier (PH) dans la fonction publique hospitalière. Maladie, accident, épuisement professionnel… ces situations peuvent survenir à tout moment de la carrière. Au-delà de l’enjeu médical, une question se pose rapidement : quelles sont les conséquences réelles sur vos revenus et sur l’équilibre financier de votre foyer ?
Cet article a pour objectif de vous apporter une lecture claire, pédagogique et factuelle des règles applicables en cas d’arrêt de travail, d’identifier les zones de fragilité souvent sous-estimées, et d’attirer votre attention sur les évolutions réglementaires récentes qui modifient le cadre de protection des praticiens hospitaliers.
Arrêt de travail et praticien hospitalier : un régime spécifique
Les praticiens hospitaliers relèvent d’un statut public particulier, distinct de celui des salariés du secteur privé. En cas d’arrêt de travail, ils ne perçoivent donc pas d’indemnités journalières de la Sécurité sociale au sens classique, mais bénéficient de mécanismes propres à la fonction publique hospitalière.
Ces règles varient notamment selon :
- la durée de l’arrêt ;
- le type d’arrêt (maladie ordinaire, arrêt prolongé, situation assimilée) ;
- et la situation individuelle du praticien.

Arrêt de travail de courte durée : une protection qui peut sembler rassurante
En cas d’arrêt de travail de courte durée pour maladie ordinaire, le praticien hospitalier bénéficie d’un maintien de rémunération pendant une période limitée. Historiquement, ce maintien était perçu comme protecteur, ce qui explique que les conséquences financières immédiates soient souvent peu anticipées. Toutefois, cette protection n’est ni absolue ni uniforme.
Même lors d’un arrêt relativement court, le traitement indiciaire reste la composante principale du revenu maintenu, mais certains compléments de rémunération (primes, indemnités liées à l’activité, astreintes) peuvent être réduits ou suspendus.
Un écart de revenus peut donc apparaître dès les premières semaines, parfois de manière progressive mais bien réelle.
Arrêt de travail de longue durée : une baisse de revenus plus marquée
Lorsque l’arrêt se prolonge, les conséquences financières deviennent plus visibles et souvent plus difficiles à absorber.
Après une certaine durée d’arrêt, le praticien hospitalier peut basculer vers un demi-traitement, parfois pour plusieurs mois.
Concrètement, cela entraîne une réduction de moitié du traitement indiciaire et une diminution importante du revenu global, accentuée par la disparition de certaines rémunérations variables.
Cette baisse intervient alors que les charges fixes du foyer (logement, crédits, dépenses familiales courantes) restent inchangées; et que certaines dépenses peuvent augmenter, notamment en lien avec l’état de santé.

Quels impacts sur la situation financière et la vie personnelle ?
Un arrêt de travail prolongé ne se limite pas à un sujet administratif ou statutaire. Il peut affecter l’équilibre financier global du foyer, parfois durablement.
De nombreux praticiens découvrent tardivement que le statut hospitalier ne garantit pas un maintien intégral des revenus dans le temps. La transition vers un revenu réduit peut être rapide, sans véritable période d’adaptation.
Cette situation peut conduire à :
- mobiliser une épargne initialement prévue pour d’autres projets ;
- reporter des décisions importantes ;
- ajouter une pression financière à une période déjà éprouvante sur le plan personnel et familial.

Évolutions réglementaires récentes : un cadre d’indemnisation en mutation
Depuis le 1ᵉʳ mars 2025, les règles de maintien de la rémunération en cas d’arrêt maladie ordinaire ont évolué pour les agents publics, y compris les praticiens hospitaliers.
Désormais après application du jour de carence, le maintien de la rémunération est limité à 90 % du traitement indiciaire et des éléments assimilés pendant les trois premiers mois d’arrêt, contre 100 % auparavant. Cette réduction peut concerner certaines composantes de la rémunération jusque-là maintenues à plein ; au-delà de cette période, les règles classiques de passage à un maintien réduit (dont le demi-traitement) continuent de s’appliquer selon le cadre statutaire.
Même en cas d’arrêt de travail de courte durée, cette évolution peut entraîner une perte de revenus plus rapide qu’auparavant et un impact financier sensible, surtout lorsque cette baisse s’ajoute à la diminution de rémunérations variables liées à l’activité effective (astreintes, permanence des soins).
Par ailleurs, d’autres ajustements récents concernant l’organisation du travail hospitalier et certaines composantes de la rémunération (notamment les astreintes) rappellent que la structure globale des revenus des praticiens hospitaliers reste dépendante du cadre réglementaire et de son évolution.

Ces changements invitent à la prudence : le maintien de la rémunération en cas d’arrêt de travail ne doit plus être considéré comme acquis à 100 %, même sur des périodes relativement courtes. Les modalités applicables peuvent varier selon la situation individuelle et les textes en vigueur au moment de l’arrêt.
Prévoyance et protection sociale : un sujet à ne pas négliger pour les PH
Le régime statutaire des praticiens hospitaliers constitue une base de protection, mais il ne couvre pas systématiquement l’intégralité de la perte de revenus et laisse apparaître des écarts, particulièrement en cas d’arrêt prolongé ou répété.
La question de la continuité de revenus est souvent reléguée au second plan, jusqu’au moment où un arrêt de travail met en lumière les limites du dispositif existant.
Pour en savoir plus sur la prévoyance des praticiens hospitaliers, consultez notre article dédié en cliquant ici.
À retenir
Un arrêt de travail peut concerner tout praticien hospitalier, à tout moment de sa carrière. En comprendre les conséquences financières permet d’éviter que des difficultés de santé ne se transforment en fragilité économique durable.
Prendre le temps de s’informer sur son niveau réel de protection sociale, sur les règles applicables et sur les évolutions récentes, constitue une démarche de prévention à part entière à ne pas négliger.
FAQ – Arrêt de travail et praticien hospitalier
Un arrêt de travail entraîne-t-il toujours une baisse de revenus ?
Pas immédiatement, mais depuis 2025, une baisse peut apparaître dès les premiers mois, même pour un arrêt de courte durée.
Toutes les primes sont-elles maintenues pendant l’arrêt ?
Non. Les éléments liés à l’activité effective peuvent être réduits ou suspendus.
Les règles actuelles sont-elles définitives ?
Le cadre réglementaire évolue régulièrement. Il est recommandé de vérifier les règles applicables au moment de l’arrêt et leur mise en œuvre concrète.









